Un peu d’histoire…

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Sortie des élections de 1961

L’histoire de la fondation de la ville de Brossard est aussi tumultueuse que la ville est jeune. Selon l’historien Michel Pratt, même son nom lui fut en quelque sorte imposé par le Premier ministre de l’époque, M. Maurice Duplessis, qui, comme bien d’autres à l’époque, n’aurait pas voulu donner son aval pour que la ville se nomme « Forgetville »; ce nom portant trop à une mauvaise interprétation avec le mot anglais forget -oublier- (Pratt, 2009, p.43). La ville, qui pris donc le nom de « Brossard » afin de souligner l’une des plus vieilles familles terriennes du comté de La Prairie, a été incorporée officiellement par bill privé le 14 février 1958. Son territoire couvre alors la partie est du secteur jusqu’à là connu comme la Municipalité de la Paroisse de la Prairie de la Magdeleine. Sa population totale se chiffre alors à 3 400 habitants. Le 5 juillet 1958, M. Georges-Henri Brossard, maire de l’ex-paroisse de La Prairie pendant 14 ans, est élu comme premier maire. L’année suivante, en 1959, a lieu l’ouverture officielle de la Voie maritime du Saint-Laurent à laquelle assistent le Premier ministre du Canada, M. John Diefenbaker, le Président des États-Unis, M. Dwight Eisenhower, et la reine Elisabeth II. Lors de la deuxième élection municipale de 1961, M. Brossard et toute son équipe sont reportés au pouvoir. Pour l’anecdote, au lendemain du scrutin, le journal L’Éveil nous apprend que 23 personnes ont été arrêtées sous accusation de personnification d’électeurs. Parmi eux, on dénombre des gens de Montréal, de Joliette, de Sherbrooke, de Malartic… Tous auraient été recrutés dans une taverne de la rue Sherbrooke à Montréal pour venir à Brossard faire pencher la balance du côté de l’opposant de M. Brossard, M. Sainte-Marie (Lacroix et Séguin, 1983, p.51).

Bross 153« Asterville »
c.1960

Le premier hôtel de ville est inauguré au mois de juillet 1962 sur le boulevard Matte. M. Nicolas Matte avait alors offert à la ville une somme d’argent ainsi que les terrains nécessaires à la construction. Pour l’occasion, la Ville achète l’œuvre Hommage à la classe ouvrière du sculpteur québécois Armand Vaillancourt. Cette pièce du patrimoine artistique québécois est d’ailleurs toujours visible sur le terrain de l’hôtel de ville actuel. Aussi en 1962, le pont Champlain est officiellement ouvert à la circulation. Commencée à partir de 1955, la construction de ce pont qui relie le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud aura été la source d’une forte poussée démographique dans la jeune ville de Brossard.

Le 20 juin 1967, M. Georges-Henri Brossard se retire de la vie politique. Le 4 juillet 1967, M. Léon Gravel, conseiller municipal depuis les débuts de la Ville, est porté au pouvoir par une majorité de 124 voix. Lors de ce scrutin, Mme Lucienne Filion, élue comme représentante du quartier numéro 4, devenait la deuxième femme au Québec à décrocher un poste au sein d’un conseil municipal (Lacroix et Séguin, 1983, p.51).

En 1972 est mise sur pied une toute petite bibliothèque publique, grâce à un projet d’initiatives locales du Gouvernement du Canada présenté par la Fédération des Unions des Familles au nom de l’Union des Familles de Brossard. Du 3 juillet au 25 août 1972, cette bibliothèque occupe un espace de 65 mètres carrés à l’École Guillaume-Vignal. Ce local était alors prêté par la Commission scolaire de Brossard. C’est cependant en 1976 qu’a lieu l’ouverture de la première Bibliothèque municipale de Brossard, et M. Yvon-André Lacroix en est nommé le premier directeur. Sitôt ouverte, l’affluence est telle que la bibliothèque doit déjà envisager son agrandissement. Le 14 janvier 1980, elle déménage alors dans un nouvel espace d’une superficie de 1 215 m2.

Au mois de novembre 1982, M. Claude Chevrier est élu maire par acclamation suite au retrait de la vie politique de M. Alphonse Lepage. Son mandat sera cependant très court, car au mois d’octobre 1983, il démissionne. Officiellement, les raisons de son départ sont dues à une tâche beaucoup trop lourde pour lui. L’année 1983 est également l’année du 25e anniversaire de la ville. Pour l’occasion, un carnaval d’hiver, une épluchette de blé d’Inde et un Gala sont organisés afin de souligner l’évènement. C’est ce même automne, au mois de novembre, que Mme Georgette Lepage défait Claude Moses dans la course à la chefferie de l’Équipe populaire. Le 4 décembre, élue par acclamation, Mme Lepage devient mairesse de Brossard. Elle et son équipe sont d’ailleurs reportés au pouvoir en 1986.

C’est en 1988 que, pour la première fois, 129.109.21le conseil municipal déclare publiquement la Ville de Brossard comme étant une « Ville multiculturelle ». En effet, le recensement de l’année identifie 41 groupes ethniques différents qui se partagent entre eux 34% de la population brossardoise totale. Cette dernière est alors de 57 441 habitants.

Quelques deux années plus tard, M. Paul Leduc gagne les élections. Cet ancien directeur régional, puis vice-président et directeur principal de la Banque Nationale du Canada de Montréal, est le premier maire à temps plein de l’histoire de la ville. Le 30 avril de cette même année 1990, on procède à la construction de l’hôtel de ville actuel sur le boulevard de Rome. M. Leduc est réélu en 1994; puis à nouveau en 1998.

En 2001 a lieu l’inauguration officielle de la Bibliothèque municipale de Brossard dans l’édifice du 7855 avenue San-Francisco. Ce nouveau local d’une superficie de 4 704 m2 offre dès lors à ses usagers une multitude d’activités et de services divers, dont une parc informatique dernier cri implanté grâce à la générosité de la Bill & Melinda Gates Foundation; ainsi que l’accès à une collection qui comprend, entre autres, des disques compacts, un local uniquement destiné à l’histoire local et à la généalogie, des livres sonores, une collection de livres multilingues, des ouvrages de référence, des périodiques, et plus encore.

Le 1er janvier 2002, la ville de Brossard est fusionnée avec les villes de Boucherville, Greenfield Park, Le Moyne, Longueuil, Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Hubert et Saint-Lambert. Elle devient alors l’arrondissement de Brossard au sein de la nouvelle agglomération nommée Longueuil. Alors que M. Jacques Olivier devient le premier maire de cette nouvelle ville, Mme Nicole Carrier est quant à elle nommée présidente de l’arrondissement de Brossard. La fusion créant davantage de troubles que d’accords, certains petits groupes défusionnistes se forment dès 2004. À Brossard, ceux-ci reçoivent l’appui de l’ancien maire, M. Paul Leduc. Et, le 20 juin 2004, lors d’une consultation populaire, 81,02% des 38,9% des électeurs inscrits présents lors de cette journée votent pour une défusion d’avec l’agglomération. Rapidement, les villes de Saint-Lambert, Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville suivent le mouvement et se séparent de Longueuil. S’en suit dès 2006 la reconstitution de plusieurs municipalités, dont celle de la Ville de Brossard le 1er janvier 2006. M. Jean-Marc Pelletier en devient le nouveau maire. Dans la foulée, la Ville perd certains pouvoirs législatifs, dont ceux qui encadrent son service de sécurité, son réseau de transport, l’assainissement de ses eaux usées, ses logements sociaux, etc.

L’année 2008 marque le 50e anniversaire de la Ville. La Bibliothèque municipale de Brossard devient le 21 janvier la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage. L’année suivante, M. Paul Leduc succède à M. Jean-Marc Pelletier comme maire de la ville. Il s’agit alors du quatrième mandat pour M. Leduc. La population est alors de 73 041 habitants. En 2012, elle passera à 82 120 habitants. Une augmentation de 11% en quatre ans. Cette même année, les livres numériques arrivent à la bibliothèque.

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Les armoiries

Créée par le tout premier conseil de ville, les armoiries de la Ville de Brossard présentent un écu de forme français ancien, reconnaissable par sa pointe inférieure en ogive, de couleur rouge. Cette couleur peut signifier à la fois la grandeur et l’audace. Sur cet écu apparaît une croix ocre ornée en son milieuArmoiriesu d’une fleur de lys ainsi que de deux tours et de deux flèches qui pointent vers le bas. La fleur de lys est un emblème qui remémore l’ascendance française des fondateurs de la ville. Elle est inscrite sur une croix qui sert à évoquer l’origine catholique romaine de ceux-ci. La croix sert à rappeler également que les Pères Jésuites furent les propriétaires du territoire à partir de 1647. La couronne murale à cinq tours crénelées placée au haut de l’écu est l’emblème des cités. Ici, les cinq tours font référence à une capitale. Puis, les feuilles d’érables autour de l’ensemble, qui font office de lambrequin, soulignent quant à elles l’origine canadienne de la ville. La devise « Si je puis oultre », écrite en vieux-français sur le listel, signifie « si possible j’irai plus loin » ou encore « si je puis faire plus ».

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Logo à partir de 2007

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Logo actuel

Le logo

Le logotype de la Ville de Brossard constitue sa signature officielle, l’unique représentation graphique pouvant identifier la municipalité.

Ce logo est une réinterprétation de la lettre « b » associée à l’identité visuelle de la Ville depuis 1982. Multipliée par quatre, elle symbolise l’esprit d’entraide et de solidarité qui anime la communauté et représente la mosaïque culturelle diversifiée et ouverte sur le monde qui compose le tissu social de Brossard.

La disposition des quatre « b » évoque aussi un carrefour autoroutier, pour souligner que Brossard doit sa prospérité économique non seulement à ses bâtisseurs, mais aussi à la proximité des grands axes routiers, l’un de ses plus importants leviers de développement.

Le vert est symbole de croissance, de qualité de vie et de protection de l’environnement. Il rappelle que Brossard est un milieu propice à l’épanouissement des individus et des familles. Divisée en quatre parties, l’image évoque la vie de quartier et les nombreux espaces verts répartis sur l’ensemble du territoire.

Pour de plus amples renseignements sur l’histoire de la Ville de Brossard, vous pouvez consulter ces deux excellents ouvrages :


BrossardLacroixYvon-André Lacroix et Claire Séguin. Brossard de 1958 à 1983. La création et l’évolution d’une banlieue. Brossard : Ville de Brossard. 1984. 201 p.


brossardPrattMichel Pratt. Brossard 1958-2008. Montréal : Éditions Histoire Québec. 2008. 212 p. Coll.« Société historique et culturelle du Marigot ».

 

 

 

S.Nadeau/Biblio. Georgette-Lepage